La plupart des photographes qui commencent leur activité ont tendance à brader leur travail. Pour se faire une clientèle, par manque de confiance en soi ou en son travail, on n’hésite pas a demander moins cher qu’un smic horaire, qui est je le rappelle, le salaire minimum en France (9,40€ de l’heure). C’est à dire que n’importe quel salarié, débutant, sous-qualifié, aura quand même ce salaire minimum.Et je ne parle pas des frais annexes, amortissement du matériel qui ne sont même pas envisagés lors de la création d’une grille tarifaire. Alors pourquoi pas un photographe ?

Une bonne prestation se vend au bon prix

Si vous êtes suffisamment bon pour vendre vos photos, le prix de vente doit vous permettre de couvrir: votre salaire, l’amortissement de votre matériel, vos charges, vos frais, un peu d’avance de trésorerie en cas de coup dur. Bien entendu, si vous n’êtes pas assez bon, il ne sert à rien de vendre votre travail: vous allez décevoir votre client, vous faire une mauvaise réputation, et ce quelque soit le prix payé (voir l’article passer pro: assurer la qualité en toutes circonstances)

Votre salaire

Combien pensez vous que vaut votre travail ? Pour le savoir, il faut penser à différents aspects. D’abord, photographe, c’est un métier qui demande de solides connaissances, techniques et artistiques, afin de fournir des photos de qualité. Ce n’est pas à la porté du premier quidam qui vient de s’équiper d’un reflex. Ensuite, placez vous du point de vue de votre client. Vous allez shooter un mariage ? Quelle est la valeur perçue par vos clients des photos que vous leur fournirez ? Il s’agit des souvenirs du plus beau jour de leur vie. Le lendemain du mariage, qui leur a coûté plusieurs milliers d’euros, il ne reste que deux alliances et un album photo. Un album qui sera consulté durant toute leur vie, qui sera transmis à leurs enfants. Des souvenirs qui n’auront pas de prix…

Et vous, qui leur fournissez ces souvenirs inestimables, ne pensez vous pas que vous méritez un bon salaire ? Ou pensez-vous qu’être payé comme un salarié débutant non qualifié est normal ?

Bien sur, votre salaire horaire doit couvrir l’intégralité du temps passé à travailler pour vos clients: prise de vue, traitement des images, mise en album, temps passé à la poste pour l’envoi, etc…

Le matériel

Vous avez avez acheté du matériel pour exercer votre métier. Au moins deux boîtiers  des optiques, flashes, fourre-tout, cartes mémoires, ordinateur pour traiter les photos, imprimante, sonde de calibration, etc… Quelle est la durée de vie de ce matériel ? 3 ans, 5 ans ? Et combien de prises de vues allez vous vendre durant cette période ? Divisez le prix de votre matériel par le nombre de prises de vues que vous allez effectuer pendant la durée de vie de votre matériel, et vous saurez combien facturer à vos client.

Les charges

En débutant, on choisi souvent le statut d’auto-entrepreneur. 20% de chiffre doit donc être reversé à l’état. Il faut bien sur en tenir compte lorsque vous fixez vos prix. Mais si demain votre activité se développe  et que vous devez changer de statut, les charges et taxes ne sont plus les mêmes: charges salariales et patronales  impôts sur les entreprises, TVA, etc… Si vous n’y avez pas pensé avant, cela vous obligera à augmenter fortement vos prix, et risque de vous faire perdre une bonne partie de la clientèle. Pensez-y.

La trésorerie

Parce qu’on est jamais à l’abri d’un coup dur, avoir un peu d’argent d’avance permet de faire face. Prévoir un pourcentage sur chaque prestation que vous allez mettre de côté vous permet de constituer un petit trésor de guerre qui vous permettra de faire face à une panne impromptue, une augmentation d’impôts ou à l’embauche d’un remplaçant en cas de maladie. C’est à ne surtout pas négliger.

Les frais annexes

Il faut bien sur impacter vos frais sur la facture finale, je pense notamment aux déplacements  Les transports ne sont pas gratuits.

Et vous, avez vous pensé à tous ces éléments avant de fixer vos prix ?